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Primefield Priorities for CEOs in Algeria

Perspectives 2024 : les 05 priorités des chefs d’entreprise en Algérie

Dans le monde des affaires en Algérie, les chefs d’entreprise sont confrontés à un défi majeur : concilier le confort de l’habituel avec une réalité nationale et mondiale en constante mutation. Centrées sur des marchés locaux, les entreprises algériennes sont aujourd’hui appelées à embrasser des changements économiques, politiques et sociaux. 

En 2024, les dirigeants d’entreprises algériens doivent redéfinir leurs stratégies, au-delà de certaines tendances éphémères et phénomènes de modes, en se concentrant sur des impératifs fondamentaux. Ce n’est plus seulement de leadership ou de vision qu’il s’agit, mais de mise en place de mesures concrètes et réalistes. Les défis récents, tels que la crise multidimensionnelle que le pays a connue, et la pandémie du COVID-19, ont façonné un terrain de jeu où la prévoyance, l’innovation et un engagement envers le changement sont cruciaux.

Cet article offre aux chefs d’entreprises, dirigeants et stakeholders des balises pour naviguer dans ce paysage en mutation. Il explore les 05 axes prioritaires essentiels pour l’entreprise en 2024 : de la digitalisation des processus à l’adaptation aux réalités géopolitiques, en passant par l’approche centrée sur le client et la gestion des crises. A chaque priorité définie ici est associée une série de recommandations pratiques proposées par Primefield pour construire des organisations résiliantes et proactives.

 

PRIORITE 01 : Gestion des risques et capacité d’adaptation en temps de crise

L’environnement économique algérien a été significativement perturbé par deux crises majeures – les turbulences socio-politico-économiques survenues en conséquence du Hirak en 2019, et la pandémie mondiale de COVID-19. Ces événements n’ont pas seulement eu des impacts immédiats et profonds sur la vie quotidienne mais continuent de façonner la dynamique politique, économique et sociale du pays. Les conséquences du Hirak ont impacté le paradigme de la prise de décision, et redéfini les responsabilités des dirigeants et chefs d’entreprises. Parallèlement, la pandémie de COVID-19 a engendré des défis sans précédent, entraînant des fermetures d’entreprises, des crises financières, et un changement dans la dynamique du travail mondial, avec le télétravail devenant une norme, ou presque … 

L’absence d’une approche proactive en matière de gestion des risques et de préparation aux crises a laissé de nombreuses entreprises dans des situations où le contrôle des dégâts (Damage Control) devient la stratégie principale…

Les causes sous-jacentes des défis rencontrés par les entreprises dans la gestion des crises et l’adaptation aux risques découlent d’un manque de culture robuste de stratégie et de sensibilisation aux risques. Le contexte algérien, marqué par des turbulences multiples et des actualisations régulières des textes de lois, exacerbe la difficulté d’anticiper et de se préparer à des événements imprévus. L’absence d’une approche systématique de la gestion des risques contribue à la nature réactive plutôt que proactive de la réponse aux crises.

Les recommandations pratiques de PRIMEFIELD 
  1. Développer des Plans de Gestion de Crise : Les dirigeants d’entreprises sont appelés à prioriser le développement de plans de gestion de crise complets qui identifient les risques potentiels, évaluent leur impact potentiel et définissent des stratégies proactives pour l’atténuation. Ces plans doivent être dynamiques, réalistes, adaptés au paysage algérien, et concrètement déployabales. 
  2. Instaurer une Culture de management des Risques  : il s’agit de Mettre en place une culture de sensibilisation aux risques au sein des organisations implique de former les équipes à reconnaître les risques potentiels, comprendre leurs implications et contribuer au développement de stratégies proactives. Ce changement culturel permet aux organisations de répondre efficacement aux crises locales et mondiales.
  3. Adaptation Stratégique et Résilience : Les chefs d’entreprises sont ainsi amenés à prioriser l’adaptation stratégique comme un élément clé de la résilience. Cela implique de réévaluer et d’adapter continuellement les stratégies commerciales pour s’aligner sur le contexte algérien en évolution. Construire la résilience garantit que les entreprises peuvent naviguer à travers les incertitudes et les défis; notamment en temps de crises. 

 

PRIORITE 02 : Utilisation Efficace des Données et Statistiques 

Dans un sondage que nous avons réalisé auprès de 100 entreprises, plus de 60% signalent des difficultés à accéder à des données de marché pertinentes et actualisées, limitant ainsi leur capacité à prendre des décisions éclairées.

La disponibilité et la fiabilité des données en Algérie représente un défi de taille, en particulier lors de la conduite d’études de marché et d’évaluations d’entreprises. L’absence de données accessibles et fiables entrave l’efficacité des processus de recherche primaire et secondaire. La collecte initiale des données devient une tâche ardue, soulevant des questions sur les données à collecter et comment en tirer des éclaircissements significatifs. Cette situation est accentuée par la rareté des statistiques fiables. 

Le défi ne réside pas seulement dans l’accès et la collecte de données mais aussi dans le choix par les entreprises des données à collecter, et de la capacité d’interpréter, décrypter et analyser les données une fois collectées. 

Les recommandations pratiques de PRIMEFIELD  
  1. Améliorer la collecte de données : Les dirigeants et stakeholders d’entreprises devraient investir dans des méthodes de collecte de données plus efficaces, y compris la numérisation des processus lorsque cela est possible. Cela peut inclure la mise en place de systèmes de gestion de données centralisés et l’utilisation de technologies telles que l’Internet des objets (IoT) pour recueillir des données en temps réel. En investissant dans des capacités de collecte de données modernes, les entreprises peuvent accéder à des informations plus précises et pertinentes pour leurs prises de décision.
  2. Renforcer les compétences en analyse de données : Comme précisé plus loin dans l’article, il est essentiel que les entreprises forment leur personnel à la collecte et à l’analyse de données. Cela implique de recruter des experts en données, de fournir une formation en analyse de données à l’équipe existante, et d’encourager une culture axée sur les données au sein de l’entreprise. L’objectif est de permettre aux employés de comprendre comment interpréter et utiliser efficacement les données pour soutenir les décisions stratégiques.
  3. Plaider pour un accès plus facile aux données et mutualiser les ressources : Il s’agit tout d’abord de rendre l’ONS plus performant, avec des procédures d’accès aux données plus simples et directes. Ensuite, les entreprises devraient explorer des partenariats et des initiatives de partage de données avec d’autres acteurs du marché, avec qui une relation d’intérêt mutuel peut être identifiée. La collaboration dans la collecte et le partage de données peut aider à combler les lacunes dans les informations disponibles. Ces collaborations se tiennent mieux sous la coupe de consortiums sectoriels, d’associations professionnelles et organisations patronales, chambre de commerce et d’industrie et organismes gouvernementaux. 

 

PRIORITE 03 : Compréhension des affaires internationales et des dynamiques globales

L’économie algérienne, traditionnellement quelque peu isolée des fluctuations économiques mondiales, principalement à cause (“grâce à” par moments avouons-le) d’une politique protectionniste, reconnaît de plus en plus l’interconnexion du monde. Malgré la tendance à opérer dans un marché plus localisé, la réalité est que le monde évolue à un rythme sans précédent, marqué par des changements constants, des mutations et des dynamiques nouvelles. Les chefs d’entreprises en Algérie réalisent l’importance de rester informés des affaires mondiales, de comprendre les défis internationaux émergents et d’être proactifs dans l’adaptation de leurs entreprises pour capitaliser sur les opportunités émergentes.

Les dirigeants d’entreprise ont pu s’habituer à un environnement commercial où l’impact des affaires internationales sur leurs opérations quotidiennes était minimal. Cependant, cette approche isolationniste devient obsolète à mesure que les entreprises sont affectées par les tendances et les défis mondiaux. 

Qu’il s’agisse de pandémie du COVID-19, du conflit Russo-Ukrainien, des turbulences diplomatiques entre l’Algérie et l’Espagne, ou des multiples conflits à intensités variables qui secouent la région, l’impact des récentes crises à dimensions régionales, ou globales a démontré l’importance pour les chefs d’entreprises de se maintenir informés en temps réel des tenants et aboutissants de ce qui se passe dans le monde. Cela implique pour les stakeholders une veille continue certes, mais aussi une recherche active d’accès à l’information, et surtout un accès aux décryptages et analyses particulièrement relatifs à l’impact des évènement mondiaux sur leur propre business. 

Les recommandations pratiques de PRIMEFIELD 
  1. Collaborer avec des Conseillers et spécialistes des affaires internationales : Les chefs d’entreprises devraient s’entourer, de manière proactive, de conseillers et spécialistes possédant une profonde compréhension des affaires internationales et de leur impact. Ces experts peuvent fournir des éclaircissements précieux sur les défis et tendances émergentes ainsi que les opportunités potentielles de croissance des entreprises.
  2. Tenir des briefings et Sessions d’Information Constantes  : Établir une routine de briefings constants et de sessions d’information afin de rester à jour sur les dynamiques mondiales, les tendances économiques et les développements géopolitiques. Des briefings réguliers garantissent avec des conseillers in-house, où des experts spécialement sollicités pour cela, assure que les dirigeants soient bien informés et peuvent prendre des décisions stratégiques éclairées basées sur une compréhension complète du paysage international.
  3. Se positionner comme acteur de la Diplomatie Économique  : Les Chefs d’entreprises devraient considérer leur rôle non seulement comme leaders d’entreprises locales mais aussi comme participants à la diplomatie économique sur la scène régionale et internationale. Avec les nouvelles orientations de l’état algérien en termes de diplomatie économique, les entreprises ont tout à gagner en  s’engageant activement dans des forums d’affaires internationaux, des sommets économiques et des conférences industrielles, leur offrant des opportunités de partenariats, d’accès, et de lobbying.

 

PRIORITE 04 : Maîtrise de l’art des Relations publiques et gouvernementales

Nous, on ne fait pas de politique”, voici une déclaration bien candide que nous entendons souvent. Dès qu’on est chef d’entreprise, on est plein dedans. Une entreprise est impactée par toute décision politique, et influence à son tour, à des degrés différents, les décisions politiques de manière directe ou indirecte. Bien entendu, il ne s’agit pas de politique partisane ici.  

L’intersection de la politique et des affaires oblige les chefs d’entreprise à maîtriser les rouages uniques et complexes des relations gouvernementales. Le paysage est caractérisé par des codes et pratiques distinctifs au sein de l’administration algérienne, exigeant une approche nuancée de la communication, du débat et une compréhension approfondie des cadres réglementaires. L’impact des décisions gouvernementales sur les opérations commerciales est considérable, faisant des relations gouvernementales efficaces un aspect critique de la gestion stratégique des entreprises. 

La fusion des sphères politiques et commerciales nécessite un équilibre délicat, où les stakeholders d’entreprises doivent maîtriser le langage spécifique, les termes et les expressions acceptables par l’administration. Ne pas adhérer à ces nuances peut avoir de graves conséquences, illustrées par des cas où des entreprises ont subi des revers significatifs en raison d’une mauvaise utilisation maladroite du vocabulaire.

Tenter d’imposer des mentalités ou des approches opérationnelles externes dans les relations avec l’administration algérienne est souvent contre-productif. Les multinationales font souvent cette erreur, mais pas que. Les nouvelles entreprises et startups se retrouvent souvent dans des situations une fois confrontées à la réalité du terrain, loin des théories et recette toutes faites. Les relations gouvernementales réussies nécessitent non seulement une compréhension des processus administratifs mais aussi une volonté de s’adapter à l’état d’esprit unique régissant les interactions politiques et commerciales.

Les recommandations pratiques de PRIMEFIELD 
  1. Cultiver une Approche Nuancée de la Communication : Les dirigeants d’entreprises devraient investir dans la maîtrise de l’art de la communication efficace dans le contexte administratif algérien. Cela implique de comprendre les styles, termes et expressions spécifiques qui résonnent positivement avec les fonctionnaires gouvernementaux. Cela se fait soit par la mise en place de formations pratiques internes axées sur cet aspect, où faire appel à des spécialistes (entreprises de conseil avec une spécialisation en Relations Publiques et Affaires Gouvernementales). 
  2. Établir des Partenariats Public-Privé Stratégiques (PPP) : Compte tenu de la mue institutionnelle actuelle et de la pertinence accrue des partenariats public-privé (PPP), les chefs d’entreprises devraient prioriser l’établissement de collaborations stratégiques avec les entités gouvernementales. S’engager dans des PPP facilite non seulement les interactions avec le gouvernement mais positionne également l’organisation comme un contributeur proactif aux objectifs de développement national.
  3. Améliorer la Gestion de l’Image et les Pratiques de Communication : le choix de la police du texte, de la forme et couleurs du logo, la tenue vestimentaire des employés, tous ces détails (qui ne sont, en vérité, pas de simples détails) constituent – entre autres- le “brand” de l’entreprise, élément majeur dans son positionnement stratégique. Les dirigeants d’entreprises devraient gérer de manière proactive l’image de leur organisation en développant des stratégies de communication robustes. Cela comprend une planification méticuleuse de la correspondance écrite, des communiqués de presse et la sélection soignée d’une identité qui résonne positivement dans le contexte dans lequel l’entreprise évolue. 

 

PRIORITE 05 : La transformation digitale (la véritable …)

L’engouement pour la transformation digitale masque souvent une réalité plus complexe : la confusion entre la simple numérisation et une véritable transformation stratégique (remplir un formulaire en ligne, puis attendre 4 heures dans une mairie pour le légaliser est loin d’être qualifié de “digitalisation”) . Des entreprises, petites comme grandes, tentent d’intégrer des éléments numériques dans leurs opérations sans stratégie claire ni objectifs définis. Par exemple, selon une étude récente de l’Agence Nationale de Promotion et de Développement des Parcs Technologiques (ANPT), seulement 30% des PME algériennes ont une stratégie de digitalisation clairement définie. Ce manque de direction conduit à une adoption superficielle des pratiques numériques qui, loin d’optimiser l’efficacité, peut en réalité consommer plus de ressources.

Dans un sondage mené par Primefield, 40% des entreprises sondées qui ont investi dans des outils numériques n’ont pas vu d’amélioration significative de leur performance. Le principal problème découle de la fausse idée que la numérisation équivaut à une réelle transformation digitale. Les entreprises investissent dans des outils tels que des systèmes de sauvegarde, des mesures de sécurité, et des outils d’analyse de données sans stratégie globale. Cette approche fragmentée crée un paysage numérique inefficace. Ainsi, dans le rapport DiGiX 2022 de la BBVA (Banco Bilbao Vizcaya Argentaria), l’Algérie se retrouve à la 88ème place, reflétant le besoin d’une stratégie plus intégrée et cohérente. Ces approches précipitées, sans une vision globale, mènent non seulement à une mauvaise allocation des ressources mais aussi échoue à générer les bénéfices attendus en termes d’efficacité opérationnelle et d’avantages concurrentiels. 

A cela, s’ajoute la nécessité de protéger les données sensibles des organisations et du personnel. Le scénario actuel révèle une vulnérabilité alarmante aux menaces cybernétiques, avec des pirates exploitant les faiblesses des infrastructures numériques. Les répercussions des violations de cybersécurité s’étendent au-delà du domaine financier, englobant des ramifications politiques et posant une menace substantielle à la stabilité globale des entreprises. 

Les recommandations pratiques de PRIMEFIELD
  1. Investir dans les technologies et les talents appropriés: Pour réussir la digitalisation en 2024, les entreprises se doivent d’investir dans les bonnes technologies et recruter des talents à même de faciliter l’exploitation de ces outils. Cela signifie choisir les outils numériques adaptés aux besoins
  2. Créer une culture numérique d’entreprise: La promotion d’une culture numérique est essentielle. Il s’agit d’encourager la mentalité axée sur la technologie en tant qu’aspect complémentaire à l’effort humain, la collaboration interdépartementale et la gestion du changement. Cela permet aux employés de s’approprier la transformation digitale, la rendant plus efficace.
  3. Mesurer et suivre les progrès: Pour garantir le succès, plutôt que de naviguer à vue, il est crucial de mesurer et suivre les progrès. Les dirigeants d’entreprises et stakeholders doivent définir des indicateurs clés de performance (KPI) pour évaluer l’impact des initiatives numériques. La révision régulière de ces indicateurs permet des ajustements rapides pour une transformation digitale réussie.

En résumé, cet article a souligné les priorités cruciales pour les dirigeants d’entreprises en Algérie en 2024, en mettant l’accent sur la préparation aux crises, la gestion des risques, l’adaptation aux évolutions numériques et globales, ainsi que l’importance des relations gouvernementales et publiques. Face à ces enjeux, Primefield se distingue comme un partenaire stratégique de choix, grâce à son expertise approfondie et son expérience unique dans les affaires internationales, la gestion des risques, et les relations gouvernementales. Nos services sur mesure, ancrés dans une connaissance approfondie du contexte algérien et mondial, offrent aux entreprises les outils nécessaires pour naviguer avec succès dans cet environnement complexe, transformant les défis en leviers de croissance et d’innovation.

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